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Que faire en cas de trouble du comportement alimentaire ? Cet article aide à agir si tu penses être concerné(e). Les TCA comme l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique sont des maladies qui nécessitent d’agir le plus rapidement possible, avec une approche multidisciplinaire (psychothérapie, programme nutritionnel, suivi par le médecin généraliste…).

👋  Pressé.e de trouver un spécialiste pour soigner un TCA ? Va directement à la fin de l’article. Dans la partie “ressources”, tu trouveras un annuaire des spécialistes des TCA en France.

Au programme : 

  • Les TCA en bref : définition, symptômes et facteurs de risque
  • Se soigner : traitements et spécialistes des TCA ; conseils et ressources

Temps de lecture : 11 minutes

Les troubles du comportement alimentaire en bref

Définition

Les troubles du comportement alimentaire sont des maladies caractérisées par une relation perturbée à l’alimentation. 

On dénombre 8 types de TCA. Mais les plus fréquents sont l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique. Cet article traite spécifiquement des 3 TCA les plus fréquents.

Symptômes

Une revue scientifique de 2023 recense les symptômes des trois TCA les plus fréquents. En voici un tableau récapitulatif :

Anorexie

La personne mange très peu ce qui entraîne un poids corporel très faible pour son âge et sa taille. Elle a une peur intense de prendre du poids ou adopte des comportements pour ne pas en prendre. Sa vision de son corps est déformée, le poids et la silhouette influencent trop son estime de soi.

On distingue deux types d’anorexie : 

  • Type restrictive : la personne ne fait pas de crises de boulimie ou ne se purge pas. Elle perd du poids en faisant des régimes, du jeûne ou beaucoup de sport.
  • Type boulimique-purative : la personne fait des crises de boulimie et/ou se purge (vomissements, laxatifs, diurétiques, lavements).

On parle d’anorexie sévère lorsque l’Indice de Masse Corporelle (IMC) est entre 15 et 15,99 kg/m2.

Boulimie

La personne fait des crises de boulimie à répétition (mange beaucoup trop en peu de temps avec une sensation de perte de contrôle). Pour compenser et ne pas prendre de poids, elle adopte des comportements inappropriés (vomissements provoqués, abus de laxatifs/diurétiques, jeûne, sport excessif). Ces crises et compensations ont lieu au moins une fois par semaine pendant 3 mois. L’estime de soi de la personne est fortement liée à son poids et sa silhouette.

La personne ingère un grand volume de nourriture en un laps de temps court (moins de 2 heures en général) et compense par des actions purgatives.

Une boulimie est considérée comme sévère lorsqu’en moyenne la personne a 8 à 13 épisodes de comportements compensatoires par semaine.

Hyperphagie boulimique

La personne fait des crises de boulimie à répétition (même définition que pour la boulimie). Ces crises sont associées à au moins trois de ces points : manger très vite, manger jusqu’à être mal, manger sans faim, manger seule par honte, se sentir dégoûté(e), déprimé(e) ou très coupable après. Ces crises provoquent une détresse importante et surviennent en moyenne une fois par semaine pendant 3 mois.

Contrairement à la boulimie, il n’y a pas de comportements compensatoires (comme les vomissements) après les crises.

Si la personne a en moyenne 8 à 13 crises de boulimie par semaine, on considère qu’elle a un trouble sévère. 

👉 Si tu souhaites en savoir plus sur le TCA avant d’avoir des conseils, lis l’article TCA : définition, causes et test.

Causes et facteurs de risque

En 2023, des chercheuses se sont intéressées aux principaux facteurs de risque des troubles du comportement alimentaire. Elles en ont identifié en tout 9 dont voici la liste : 

  • La génétique 
  • Le microbiote
  • Les traumas de l’enfance 
  • Les traits de personnalité et les troubles mentaux 
  • Le genre et l’identité 
  • La situation socio-économique 
  • L’ethnicité 
  • L’image corporelle et l’influence sociale
  • Le sport de haut niveau 
Trouble du comportement alimentaire : que faire ? L'image montre une jeune femme maigre qui mange difficilement une tranche de pastèque.
Dans leur revue scientifique, les chercheuses précisent que ces facteurs de risque peuvent être des causes directes ou de simples corrélations. De plus, elles mettent l’accent sur le fait que les TCA sont multifactoriels : ils sont le résultat de plusieurs facteurs. Si tu souhaites en savoir plus sur les facteurs de risque, je t’invite à consulter cet article. 

Soigner un trouble du comportement alimentaire

Est-ce que les TCA se soignent ?

Oui ! 

A noter que soigner un TCA demande de la patience et une approche multidisciplinaire. Thérapie, programme de nutrition et parfois médicaments seront nécessaires pour soigner en profondeur les troubles et avoir des effets positifs sur le long terme.

Quels traitements et spécialistes pour les TCA ?

Je détaille ci-après les spécialistes à aller voir et les traitements recommandés pour les 3 troubles du comportement alimentaire les plus fréquents que sont l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique. 

Pour cela, je me suis basée sur deux études systématiques récentes (une datant de 2022, l’autre de 2024).

Quels traitements pour soigner l’anorexie ?

A ce jour, il n’y a pas de médicament qui soit efficace pour traiter les symptômes de l’anorexie. Toutefois, des médicaments peuvent être prescrits pour soigner certaines comorbidités, c’est-à-dire d’autres troubles en lien avec l’anorexie (comme la dépression ou encore l’anxiété). 

Pour soigner l’anorexie, plusieurs études scientifiques recommandent de suivre une psychothérapie. Parmi les différentes méthodes, les thérapies familiales se révèlent être les plus efficaces, en particulier auprès des adolescents. En revanche, comme ces thérapies nécessitent une implication importante de la famille de la personne en souffrance, elles ne sont pas toujours adaptées au patient. Afin de déterminer la thérapie la plus pertinente, les personnes concernées peuvent en premier lieu en parler à leur médecin traitant. 

quel spécialiste consulter en cas de TCA comme l'anorexie ?

Enfin, l’hospitalisation est très souvent nécessaire. L’anorexie est souvent synonyme de détresse psychologique et physique (par exemple : risques suicidaires, problèmes cardiaques dûs à une sous-alimentation). L’hospitalisation permettra aux personnes anorexiques d’être stabilisées médicalement et psychologiquement.

Quels traitements pour soigner la boulimie ?

Dans le cas de boulimie, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont recommandées comme traitement de première intention pour les adultes. Pour les adolescents, les thérapies familiales sont les plus efficaces. Si toutefois ces méthodes ne sont pas pertinentes pour le patient, d’autres méthodes et approches thérapeutiques seront proposées par le médecin généraliste.

Des antidépresseurs complètent parfois le traitement psychologique. A noter que le traitement médicamenteux seul est moins efficace que la psychothérapie ou encore que la combinaison “médicament – thérapie”. Autrement dit, si le patient doit prendre des médicaments, il doit nécessairement suivre une thérapie pour se soigner durablement.

Enfin, au-delà de retrouver un équilibre psychique, les personnes atteintes de boulimie peuvent avoir besoin de retrouver une alimentation équilibrée. Dans ce cas, un accompagnement diététique auprès d’un nutritionniste est utile. 

Quels traitements pour soigner l’hyperphagie boulimique ?

C’est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) qui est considérée comme le traitement de référence pour soigner l’hyperphagie boulimique. Elle montre de très bons résultats pour ce trouble en particulier ! Si toutefois la personne ayant un TCA n’a pas la possibilité de suivre une TCC, d’autres approches pourront lui être proposées. 

En complément, des anti-dépresseurs ou la lisdexamfétamine peuvent être prescrits pour réduire le nombre de crises. 

Enfin, comme pour la boulimie, l’accompagnement d’un nutritionniste peut se révéler nécessaire.

“Vers qui je me tourne en premier ?”
Si tu ne sais pas vers quel professionnel te tourner en premier lieu, prends contact avec un médecin généraliste en qui tu as confiance. Il ou elle pourra t’orienter dans ton parcours de soin.

Conseils pour soigner un TCA

Conseil 1 : agir rapidement

Plus on agit tôt, meilleures sont les chances de guérison complète. En effet, les TCA ont tendance à s’enraciner avec le temps, rendant le chemin vers le rétablissement plus long et plus difficile. Une intervention rapide permet de briser le cycle des comportements malsains avant qu’ils ne deviennent trop ancrés.

Conseil 2 : avoir une approche pluridisciplinaire

Une équipe pluridisciplinaire, incluant un thérapeute, un spécialiste en nutrition, et un médecin pour le suivi médical (avec des médicaments si besoin pour des problèmes comme l’anxiété ou la dépression), est essentielle. 

Le médecin joue un rôle de premier plan dans la détection précoce des symptômes des TCA. Il va ensuite accompagner le patient vers les soins les plus adaptés tout en réalisant un suivi médical pour s’assurer de l’amélioration de la santé physique du patient. 

Le thérapeute quant à lui aide le patient à comprendre les racines du problème, à déconstruire les mécanismes qui entretiennent le trouble et à faire évoluer son comportement. 

Enfin, le nutritionniste aide le patient à intégrer ou réintégrer une alimentation équilibrée ainsi qu’à réguler ou reprendre du poids (dans le cas de l’anorexie). 

Cette collaboration entre différents spécialistes garantit une prise en charge complète, s’attaquant à toutes les facettes du trouble.

Conseil 3 : s’autoriser à changer de psy si besoin

La relation de confiance avec un psy est primordiale pour avancer. Si après quelques séances, le patient ne se sent pas compris, qu’il a du mal à parler librement ou qu’il ne se sent pas en sécurité, c’est un signe qu’il est peut-être temps d’explorer d’autres options.

Il est tout à fait normal de changer de professionnel pour trouver celui ou celle avec qui le courant passe vraiment. Le bien-être de la personne est la priorité : il ne faut pas avoir peur de chercher le soutien qui convient le mieux.

Ressources pour prendre soin de soi et de ses proches

Des lignes d’écoute auprès de spécialistes

Pour obtenir du soutien ou encore poser des questions, il existe des lignes d’écoute spécialement conçues pour les personnes ayant un TCA ou qui s’interrogent sur ces troubles. 

La Fédération Française Anorexie Boulimie propose une ligne d’écoute anonyme 4 jours par semaine, de 16h à 18h : 

  • Lundi : permanence téléphonique assurée par des psychologues 
  • Mardi : par des associations spécialisées TCA
  • Jeudi : par des médecins
  • Vendredi : par tous les spécialistes, en alternance

👉 Le numéro : 09 69 325 900

L’association Enfine propose quant à elle une permanence les mardis et jeudis de 20h à 22h. Confidentiels et anonymes, les échanges permettent aux personnes concernées directement ou indirectement (parents, proches) de poser leurs questions et de partager leurs doutes et angoisses dans un espace bienveillant et soutenant. 

👉 Le numéro : 01 40 72 64 44

Trouver une structure d’accueil

Tu trouveras juste ici un annuaire qui référence en France les structures d’accueil et les spécialistes des TCA. 

De plus, tu peux avoir envie d’intégrer une association de patients et de proches dans ta région. Les associations jouent un rôle complémentaire parfois indispensable. Groupes de parole, information et sensibilisation sont autant d’espaces et de ressources utiles pour renforcer les effets des traitements.

Pour les parents d’enfants ou d’ados souffrant d’anorexie

L’équipe du service psychiatrie de l’Hôpital Robert Debré a rédigé un guide pour aider les parents dans leur accompagnement : “quels sont les signaux d’alerte ?”, “comment gérer les repas ?”, “comment gérer les angoisses ?” ou encore “comment aider mon enfant à développer son estime de soi ?” sont autant de questions auxquelles ce guide répond.

👉 Tu souhaites comprendre en profondeur le TCA et savoir si tu es concerné(e) ? Tu peux lire l’article TCA : définition, causes et test.

Le mot de la fin

Être informé(e) est un premier pas vers un mieux-être. N’hésite pas à partager cet article à un proche qui en a besoin.