La masculinité impose des normes rigides qui nuisent à la santé mentale des hommes. Ce texte explore comment ces injonctions, inculquées dès l’enfance, incitent les hommes à réprimer leurs émotions et à éviter de demander de l’aide. Il examine les conséquences de ces comportements et plaide pour une redéfinition de la masculinité.

Au programme :

  • Qu’est-ce qui définit la masculinité ?
  • Masculinité et isolement social
  • Les conséquences de la masculinité sur la santé mentale

Temps de lecture : 15 minutes 🕦

Qu’est ce qui définit la masculinité ?

La masculinité se définit comme l’ensemble des caractères physiques et moraux propres à l’homme, ou considérés comme tels. Ainsi, on associe généralement aux hommes certaines vertus telles que le courage, l’indépendance, la force ou encore la rationalité.

Différence entre masculinité et virilité

La masculinité fait généralement référence à l’ensemble des traits et des rôles associés à l’homme, tandis que la virilité est un sous-ensemble de ces traits, mettant spécifiquement l’accent sur la force physique et la puissance sexuelle.

Cependant, la distinction peut être floue et les termes sont parfois utilisés de manière interchangeable. Par souci de simplicité et d’exhaustivité, j’utiliserai le terme “masculinité” pour parler des qualités et comportement généralement attendus chez les hommes (et particulièrement les hommes hétérosexuels).

Des codes appris… dès la maternelle !

Les codes masculins sur la manière d’être et de nouer des relations sont appris très jeunes. Dès la maternelle, les garçons apprennent à se distinguer des filles.

Cela se reflète dans leur manière d’interagir entre eux, avec les maîtres d’école, mais aussi dans le choix des jeux. Ils sont notamment éduqués à ne pas aller sur le terrain de l’intime et des émotions, domaine réservé aux filles comme en témoigne une étude parue en 2012 sur la socialisation de genre à l’école maternelle :

“Les filles apprennent ainsi à être « sensibles » et à respecter les sentiments d’autrui. Alors que les jeux des garçons les poussent à jouer avec leurs ennemis, à rivaliser avec leurs amis, à s’imposer et surtout à rentrer dans une logique de compétition. Les filles sont ainsi plus encouragées à s’inscrire dans un monde fondamentalement social alors que les garçons apprennent au fur et à mesure de leur développement qu’ils peuvent faire confiance en leurs propres capacités.”

Masculinité et isolement social

Les hommes ne doivent montrer aucun signe de faiblesse et ils en pâtissent…

Faire preuve d’indépendance et de force… Voici quelques-unes des injonctions que les garçons intègrent dès l’enfance. Dans une certaine mesure, ces valeurs peuvent encourager les hommes à développer des compétences utiles pour surmonter les difficultés de la vie.

Toutefois, combinées à l’injonction rigide de n’exprimer aucune vulnérabilité, ces valeurs peuvent se révéler handicapantes. Cela les encourage à ne compter que sur eux-mêmes, à porter tout le poids des responsabilités sur leurs épaules, à ne montrer aucun signe de vulnérabilité même auprès de leurs plus proches amis, comme l’explique la journaliste Alice Raybaud dans son ouvrage Nos puissantes amitiés : 

“C’est que si, entre hommes, des relations de camaraderie doivent être créées (et en nombre), les injonctions modernes imposent qu’elles ne se fassent pas trop intimes. Il convient de garder ses distances émotionnelles, de ne pas trop se livrer : leurs relations sont destinées à rester en surface, sans trahir aucune vulnérabilité.”

En France, 75% des morts par suicide sont des hommes.

Or, à force d’encaisser seuls les difficultés de la vie sans trouver de solutions, nombreux sont ceux qui en payent les conséquences psychiques et dans le pire des cas, finissent par se suicider. En effet, 75% des morts par suicide en France sont des hommes.

Cette injonction à ne montrer aucune vulnérabilité isole les hommes plus qu’autre chose. Ainsi, ils s’autorisent rarement à développer une compétence pourtant indispensable pour gagner en résilience, en particulier dans les situations complexes et chargées émotionnellement, à savoir la capacité à demander de l’aide.

Apprendre à demander de l’aide pour gagner en indépendance

Quand les hommes demandent de l’aide, c’est en général pour obtenir des solutions précises et concrètes à un problème donné. Ce qui peut être pertinent pour tout un tas de problèmes (“comment investir dans telle ou telle chose ?”, “comment réparer cette table”…).

Mais il y a une autre manière de demander de l’aide, et que les hommes maîtrisent mal voire pas du tout. Il s’agit de demander de l’aide pour être écouté, c’est-à-dire avoir une oreille attentive, non culpabilisante et par conséquent avoir un espace d’élaboration pour déployer sa pensée. Cette manière de procéder est pertinente notamment pour régler des problèmes plus impliquants et complexes émotionnellement (“comment faire pour apaiser mon anxiété”, “comment amener une discussion constructive avec mon ou ma conjointe pour traiter de sujets délicats”, etc.).

Deux hommes discutent, l'un exposant ses difficultés relationnelles à l'autre, son ami. Cette image illustre une autre manière d'être en lien d'homme à homme pour se soutenir émotionnellement et être plus résilient.

Dans ces conditions, demander de l’aide permet de créer un moment pour dialoguer, exprimer son ressenti, élaborer des idées, écouter d’autres points de vue… C’est donc un moyen d’en apprendre sur soi-même (ses points faibles mais aussi ses ressources et qualités), et ainsi développer son intelligence intrapersonnelle (en lien avec soi).

C’est aussi une occasion de développer des compétences interpersonnelles (en lien avec les autres) : apprendre à demander de l’aide en verbalisant clairement son besoin, à écouter sans jugement, à poser des questions ouvertes pour aider l’autre qui se confie à élaborer et trouver des solutions…

En bref, c’est un terrain d’apprentissage formidable pour gagner en indépendance. Demander de l’aide pour traiter de problèmes émotionnellement impliquants nécessite à un moment donné d’exprimer ses émotions. C’est la condition sine qua non pour comprendre finement le problème auquel on est confronté. En effet, l’expression émotionnelle est le point de départ : derrière chaque émotion se cache un besoin ; et derrière chaque besoin, une action à mener.

Ainsi, contrairement à ce que l’on pense, ce n’est pas la déconnexion émotionnelle tant valorisée par la masculinité qui rend les hommes forts. C’est le courage de demander de l’aide qui leur permet de monter en compétences, gagner en autonomie et surmonter les difficultés de la vie. Autrement dit, l’indépendance se gagne en apprenant aux côtés des autres.

Attention, pépite 👌

Les contenus Healthy Gamers sont tops (à retrouver sur le site du même nom et les réseaux sociaux). Aux manettes : le psychiatre Alok Kanojia qui transmet des connaissances en lien avec la santé mentale et donne de précieux conseils aux hommes qui veulent prendre soin d’eux. Je recommande (et mon mec aussi ;)). Les contenus sont en anglais. Si besoin, active les sous-titres en français sur Youtube. 

Mais demander de l’aide est encore trop souvent perçu comme un signe de faiblesse

La masculinité, telle que définie aujourd’hui, impose de ne montrer aucune vulnérabilité, ce qui est incompatible avec le fait de demander de l’aide.

En effet, des recherches sociologiques démontrent que les hommes qui adhèrent fortement aux idéaux de la masculinité sont moins susceptibles de demander des soins préventifs généraux que les hommes qui adhèrent moins à ces idéaux.

De plus, les hommes sont plus susceptibles que les femmes de ne pas recourir à la prévention et aux soins en santé mentale afin d’éviter la stigmatisation. A tel point que s’ils sont déprimés, ils sont plus enclins à consommer des substances (drogues, alcool…) plutôt que d’aller chercher du soutien, de prendre un traitement médicamenteux (comme des antidépresseurs) ou encore de faire une thérapie.

Les rares conditions où les hommes s’autorisent à demander de l’aide

En 2005, une étude est réalisée pour explorer les schémas typiquement masculins qui sont en jeu dans la recherche d’aide. Cette étude a entre autres permis de révéler que la recherche d’aide n’est envisagée que sous certaines conditions pour les hommes qui incarnent ou souhaitent incarner les vertus de la masculinité hégémonique. Dans le cadre de cette étude, on comprend alors qu’il est ok pour un homme de demander de l’aide uniquement “après la douleur, l’endurance, le stoïcisme et les blessures visibles”.

Masculinité et vulnérabilité : témoignages d’hommes

Lorsque les hommes s’autorisent à montrer leur vulnérabilité, au plus fort de leur mal-être, ils sont souvent confrontés à une autre impasse : le manque de soutien de leurs amis masculins. Par conséquent, ils n’ont pas la possibilité d’en apprendre plus sur eux-même et de trouver des solutions par le dialogue. De plus, leurs proches masculins sont souvent démunis quand il s’agit de soutenir l’autre qui a le courage de se livrer. 

Les témoignages, parus dans une étude de 2018 intitulée “Masculinity, Social Connectedness and Mental Health”, sont éloquents pour illustrer la difficulté qu’ont les hommes à trouver du soutien et leur carence en compétences intra et interpersonnelles.

Témoignage n°1

Le premier témoignage est celui de Zac qui s’adresse à l’un de ses plus proches amis : 

Ça m’a demandé beaucoup de courage pour en parler à un ami et j’ai fini par dire : “Je crois que je suis déprimé” et il m’a répondu “Ah, c’est dommage [rires]”, et ça n’a pas vraiment abouti. J’ai eu l’impression de m’exposer, de prendre des risques et ça m’a coûté de sortir ces mots de ma bouche. Mes mots étaient un peu fades, ça ne donnait pas l’impression que je disais quelque chose d’important et cette conversation n’a mené nulle part. Parce que j’imagine qu’il ne suffit pas de dire « je suis déprimé », qu’il faut en parler davantage.

Ce simple extrait témoigne a minima de deux choses :

  • La difficulté à soutenir verbalement et non verbalement son ami 
  • L’incapacité de Zac à verbaliser clairement son besoin

Revenons sur ces deux points.

Le témoignage illustre la difficulté à soutenir verbalement et non verbalement son ami qui vient de faire preuve de courage en exposant son mal-être. Zac est confronté au manque d’empathie de celui qui écoute, et qui ne sait pas quoi faire de ce qui vient d’être confié. Son ami fait peut être une blague pour détendre l’atmosphère, ce qui en soit peut être bienvenu dans certains cas. En revanche, à un moment où son ami prend son courage pour exprimer un mal-être (chose assez rare pour y prêter une attention particulière), cette blague est très maladroite. Ce dont Zac a besoin c’est d’une conversation intime. Ainsi, la blague de son ami peut être interprétée par Zac comme un manque de considération de ses difficultés psychiques, ce qui peut être violent quand on est au plus mal. Cette maladresse dénote très certainement d’un manque de moyens de son ami qui n’a pas les codes et les outils pour soutenir Zac.

Par ailleurs le témoignage est une illustration de l’incapacité de Zac à verbaliser clairement son besoin : en exprimant sa déprime, souhaite t-il simplement se décharger émotionnellement, élaborer et être ainsi avant tout écouté sans jugement ? Souhaite-t-il plutôt obtenir des conseils de son ami pour se sortir d’une situation difficile ? 

Témoignage n°2

Voici un autre témoignage, celui de Thomas qui souhaite avoir du soutien auprès d’un homme qu’il considère “être comme son frère”. Thomas est bouleversé car une femme avec qui il entretient une relation légère vient de tomber enceinte… En se confiant à son ami, Thomas s’attendait à ce qu’il soit réceptif, mais la conversation ne s’est pas déroulée comme prévu : 

“Je sentais qu’il me jugeait d’une certaine manière. Il me disait “c’est comme ça, mec”. Après ça, je ne me suis pas confié à beaucoup d’autres personnes.”

L’ami qu’il considère comme son frère est dans le jugement, et ne lui offre pas le soutien tant espéré. La condamnation va avoir pour conséquence de braquer Thomas. Il n’a donc pas l’espace pour être écouté et compris.

Or, le dialogue intime permet d’élaborer, de reconnaître ses erreurs, d’en tirer de leçons pour la suite et de prendre certaines dispositions. Thomas aurait pu avoir l’opportunité de faire le point sur la situation et de prendre des décisions éclairées (par exemple proposer à la femme une conversation pour exprimer son ressenti par rapport à cette grossesse indésirée et lui proposer d’être à ses côtés pour un avortement).

Mais ce n’est pas ce qui se passe… Là où Thomas fait un effort pour se confier auprès de quelqu’un en qui il a confiance, il se prend un revers de bâton, ce qui provoque chez lui un plus grand repli sur lui-même. Si même son plus proche ami ne peut être un refuge, sur qui peut-il compter ?

Un homme seul, le visage caché par ses mains, symbole de la détresse masculine face au manque de soutien émotionnel entre les hommes

Témoignage n°3

Le manque d’écoute et de dialogue intime entre les hommes est tel que la responsabilité du soutien émotionnel se porte généralement sur les conjointes. Ainsi, au sein des couples hétérosexuels, les femmes ont toute la charge mentale liée au soutien de leur partenaire, ce qui fragilise non seulement la relation mais les hommes eux-mêmes : que se passe-t-il lorsqu’elles-mêmes n’ont pas la disponibilité mentale et émotionnelle pour écouter ? Que se passe-t-il lorsqu’il y a séparation et que l’homme perd ainsi la seule personne-ressource qu’il avait à ses côtés ?

Pour certains, la perte du soutien émotionnel de leur partenaire a intensifié leurs problèmes de santé mentale. Bryce, un homme de 33 ans, a déclaré qu’il était devenu “un peu fou” par manque de soutien émotionnel, suite à la rupture avec sa conjointe.

Dans un cas plus extrême, après que sa femme ait demandé le divorce, Craig, un homme de 42 ans, a tenté de se suicider et s’est fait hospitaliser. À sa sortie, son ex-femme a été la première personne qu’il a contactée :

“J’ai essayé d’appeler mon ex-femme, mais elle ne répondait pas au téléphone. Je lui ai envoyé un message pour lui demander de m’appeler parce que je devais parler de choses qui ne peuvent pas être dites par texto. Elle m’a donc appelée et je lui ai raconté ce qui s’était passé la nuit précédente, et elle m’a dit “je vais raccrocher maintenant”. J’ai répondu : “Non, non, non. Il faut que je te dise ce qui s’est passé” et elle m’a dit : “Je vais raccrocher maintenant, je vais te trouver quelqu’un pour t’aider.” 

Il est compréhensible que dans un tel moment de détresse, Craig soit allé chercher du soutien auprès de la seule personne en qui il a confiance pour ça. Cependant, son comportement impose à son ex-conjointe une écoute qu’elle n’a plus envie d’avoir. En plein divorce, c’est à elle de porter le poids de la détresse de son mari, ce qui témoigne du manque cruel de soutien et de réconfort du réseau d’amis de Craig.

Les conséquences de la masculinité sur la santé mentale

Les études qui ont été menées sur la santé mentale des hommes (notamment celle-ci intitulée “Critical Issues in Men’s Mental Health”) montrent qu’ils vont avoir tendance à mettre en place des stratégies d’adaptation dysfonctionnelles lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés émotionnelles.

Pour dire les choses autrement, la majorité des hommes sont démunis face à leur mal-être. Ils sont alors plus enclins à éprouver un grand sentiment de solitude, ce qui les pousse à se mettre des œillères pour ne pas se confronter à leurs émotions.

Toutefois, les émotions qu’on le veuille ou non, s’expriment à la fois dans le corps et l’esprit : ce sont des réactions psychophysiques qui surgissent à la suite de stimulis internes ou externes. Si elles ne sont pas verbalisées, ces émotions continueront de se manifester. Cela affecte l’humeur de la personne concernée tout aussi bien que son état corporel. C’est le principe même de la somatisation : la douleur psychique devient physique.

Le déni est particulièrement fort chez les hommes

Pour illustrer la notion de déni, j’ai envie de partager une citation éloquente qui est extraite du livre “La volonté de changer – les hommes, la masculinité et l’amour” de Bell Hooks :

“L’intimité génère trop de sentiments à l’état brut. S’y confronter est un travail nécessaire pour rester proches des autres. Cependant, les garçons sont éduqués à donner de la valeur à la déconnexion stoïque, à la stratégie qui consiste à éviter ses sentiments. L’empathie pour soi-même et pour les autres est un domaine qui reste dévalorisé et inexploré : le domaine des femmes.”

Ce que dit Bell Hooks est concordant avec certaines études scientifiques : les hommes adoptent très fréquemment un comportement pour éviter ou engourdir la prise de conscience de leurs émotions. Je me réfère ici à une étude sur les hommes et la dépression, ainsi qu’à une autre sur les différences de genre dans la manifestation du mal-être. Ainsi, consommer des substances (alcool, drogues…) ou s’enfermer dans une hyper-activité (professionnelle, sexuelle…) font partie des réactions typiquement masculines pour éviter la confrontation à leurs conflits intérieurs.

Ils adoptent un comportement qui exacerbe leur mal-être

Les idéaux de la masculinité que sont la puissance ou encore la domination ont pour conséquence de limiter l’expression émotionnelle chez les hommes. Une des rares émotions socialement acceptables pour les hommes est celle de la colère.

L’expression de la colère est en soi nécessaire dans bien des situations : elle est là pour affirmer et faire respecter ses limites. Toutefois, si l’expression des émotions se limite à une seule couleur (celle de la colère en l’occurrence) et qu’elle est mal régulée, cela pose problème :

  • Cela n’envoie pas les bons signaux aux autres : par exemple si je ressens de la tristesse et que je l’exprime par de la colère et de l’irritabilité, les autres (amis, conjoints…) ne sont pas en mesure de comprendre mon besoin et d’avoir en conséquence la bonne attitude (en venant me réconforter par exemple). L’expression de la colère est alors contre-productive.
  • Une colère mal régulée, c’est-à-dire qui se manifeste par un comportement agressif ou de fuite, génère non seulement beaucoup de stress, mais a un impact négatif sur les relations avec les autres.

A l’inverse, un individu qui sait réguler son stress est en capacité d’identifier et de verbaliser à l’autre ses besoins. Pour cela, il adopte une posture de dialogue et d’écoute pour trouver et mettre en place des solutions constructives. Autrement dit, ce n’est pas la colère en soi qui est problématique, c’est son explosion et son débordement. Cette expression émotionnelle mal calibrée et excessive impacte physiologiquement l’individu, ses relations aux autres et par conséquent sa santé mentale.

J’aimerais clore cet article en affirmant la nécessité de créer un nouvel imaginaire autour de la masculinité pour amener les hommes à développer leurs compétences sociales et ainsi gagner en résilience. Pour cela, ils vont devoir commencer par apprendre à exprimer leurs émotions, montrer leur part de vulnérabilité et par conséquent manifester un des idéaux de la masculinité : le courage.