Sélectionner une page

Le manque d’estime de soi a de fortes répercussions sur le comportement et le bien-être au quotidien. L’estime de soi est le jugement plus ou moins favorable qu’on porte à son égard. Ce concept de soi influence notre capacité à oser, à sortir de notre zone de confort et à ainsi déployer notre potentiel. Une mauvaise image de soi et des pensées négatives à son égard ont bien plus d’impact qu’on ne l’imagine !

Au programme :

  • Bonne vs. mauvaise estime de soi : comment les reconnaître ?
  • Manque d’estime de soi : zoom sur le profil du narcissique pathologique et le profil de l’évitant.

Temps de lecture : 6 minutes

Bonne versus mauvaise estime de soi : comment les reconnaître ?

Je suis tombée sur un document passionnant : il s’agit d’une brochure de sensibilisation sur l’estime de soi rédigée par Mélanie Thibault, une psychologue, ainsi que son équipe du service psychologie de l’Université de Sherbrooke au Canada.

Le document fait une dizaine de pages et je propose d’en faire une synthèse tellement je trouve ça utile et… déroutant !

En lisant ce qui va suivre, il n’est pas impossible que tu réalises que tu as une piètre estime de soi. Pas de panique ! Cet article est là pour aider à comprendre pour  ensuite renforcer l’estime de soi.

Les symptômes d’un manque d’estime de soi

Voici quelques-unes des manifestations d’une personne ayant une faible estime d’elle-même :

  • L’image de soi est au centre de ses préoccupations (de manière excessive)
  • Ressent de l’insécurité dans les situations sociales, avec un fort sentiment d’infériorité et d’être surveillée par les autres, ainsi que des inquiétudes sur sa conformité.
  • A l’impression d’être différent des autres (plus fragile, moins compétent, plus vulnérable).
  • Reçoit les critiques de manière catastrophique, renforçant les pensées négatives sur soi.
  • A le syndrome de l’imposteur en cas de succès, et a tendance à se dévaloriser. Les personnes avec une faible estime de soi attribuent leurs échecs à des caractéristiques personnelles et leurs réussites à des facteurs externes.
  • Fait des choix de vie contraires à ses envies, comme rester dans une relation toxique par crainte de ne pas trouver quelqu’un d’autre.
  • Confond «avoir plus», «être plus», avec «valoir plus».
  • A le réflexe de filtrer négativement ce que les autres disent ou font.
  • S’attend systématiquement à ne pas être aimé(e) ou à être rejeté(e).
  • Reste sur la défensive avec les autres.
  • Craint de manière excessive l’échec. En soi, craindre l’échec n’est pas anormal. Dans une certaine mesure, cela est judicieux. En revanche, quand la crainte de l’échec est (quasi) systématique, elle dénote d’une grande honte et une grande dévalorisation de soi, qui est l’illustration de la conviction profonde de ne pas avoir de valeur.

Lorsque ce problème d’estime de soi persiste, le personne développe des stratégies d’auto-protection. Si elles se révèlent utiles à court terme, elles deviennent handicapantes à moyen et long terme.

C’est là que l’on peut voir apparaître un cercle vicieux : le manque de valorisation entraîne des comportements d’évitement ou de surcompensation (narcissime pathologique). 

Les manifestations d’une bonne estime de soi

Avoir une bonne estime de soi ne signifie pas se penser supérieur aux autres. C’est avoir une estime de soi positive c’est-à-dire “calibrée”. Autrement dit, c’est se dire : “Je suis doué(e) dans tel ou tel domaine car mes résultats le montrent objectivement. A l’inverse, mes résultats sont médiocres ou moins bons dans tel ou tel domaine, et c’est ok.” C’est une vision de soi réaliste et bienveillante.

A l’inverse, se penser supérieur aux autres, avoir une image grandiose de soi-même peut relever du narcissisme pathologique (et j’en parle un peu plus loin).

Comment se manifeste alors une bonne estime de soi ?

Une personne ayant une bonne estime de soi :

  • A une certaine indépendance par rapport aux attentes de la société. Par exemple, elle n’a pas besoin de symboles de prestige comme un poste élevé ou une voiture luxueuse pour s’estimer et être estimée des autres.
  • Se perçoit comme une personne de valeur malgré ses imperfections et ses échecs.
  • Possède une bonne connaissance de soi (forces et difficultés) et agit en harmonie avec elle-même.
  • Accepte les compliments reçus.
  • S’affirme et sait se faire respecter (affirmation de soi).
  • Peut accepter de ne pas exceller en tout et de ne pas réussir à chaque fois sans se sentir anéantie.
  • Reconnaît ses réussites (admet ses capacités et ses qualités, etc.) et est contente de soi.

Tu te retrouves à la fois dans la liste sur la bonne estime et la liste sur l’estime de soi fragile ?

Pour comprendre ce paradoxe, demande toi dans quelles situations tu as pu avoir une estime fragile et, à l’inverse, les moments où tu as pu avoir une bonne estime. L’estime de soi est quelque chose de vivant : il y a des contextes où notre estime est plus ou moins bonne, des époques aussi…

Manque d’estime de soi : les stratégies d’auto-protection

Zoom sur le profil paradoxal du narcissique pathologique

Le narcissisme pathologique est un trouble de la personnalité. Autrement dit, c’est quelque chose qui persiste dans le temps et qui se manifeste par des dysfonctionnements au quotidien (cognitif, émotionnel, comportemental, relationnel).

Les caractéristiques du narcissique pathologique sont :

  • de l’hostilité et l’exploitation d’autrui
  • l’auto-promotion de soi
  • un besoin insatiable d’admiration

Le grand besoin de validation sociale des narcissiques pathologiques révèle en fait leur estime de soi fragile. 

Les narcissiques se perçoivent comme supérieurs, surestimant leurs capacités et réalisations.

En outre, ils cherchent constamment des occasions de se mettre en valeur. Ils s’attendent à un traitement de faveur, exigeant respect et services, sans réciprocité.

De plus, leur besoin insatiable d’admiration les pousse à attirer l’attention et à impressionner, souvent par provocation, pour maintenir un statut élevé. Dans les relations, ils peuvent être amenés à privilégier des partenaires populaires ou attractifs pour renforcer leur image. Ce besoin de validation sociale révèle en fait leur estime de soi fragile.

Malheureusement, le maintien du sentiment de supériorité se fait au détriment des autres. En effet, une des stratégies employée par les narcissiques est de dénigrer les autres et de diminuer leurs réussites. Leur manque d’empathie les pousse à manipuler et exploiter les autres, notamment dans les relations amoureuses, qu’ils contrôlent par la jalousie.

👉 Episode de podcast aussi disponible sur : 

Zoom sur le profil de l’évitant

L’évitement reflète également une faible estime de soi…

En effet, à côté des narcissiques, il y a les « évitants », ceux qui fuient les situations où ils pourraient être jugés ou échouer. Ils croient que la meilleure protection est de ne pas agir et de rester en retrait.

Cependant, en agissant ainsi, ils n’apprennent rien et manquent les occasions de s’améliorer. Si ces mécanismes de défense les protègent temporairement du regard des autres, ils finissent par les appauvrir. Car ce sont aussi “les douleurs, les échecs et les rêves brisés qui nous font progresser”, comme l’explique le psychiatre Christophe André.

Enfin, en restant dans leur coin, en ayant peur de sortir de leur zone de confort, les évitants valident (souvent de manière inconsciente) leur croyance selon laquelle ils et elles sont indignes d’intérêt, ne sont pas doués, etc. En effet, s’ils ne se donnent pas l’opportunité d’expérimenter de nouvelles choses, de progresser, alors ils risquent de faire du sur place… et continuer d’admirer en secret ceux qui osent et qui s’améliorent.

Mais heureusement, personne n’est voué à avoir toute sa vie un manque d’estime de soi. Il est possible de développer une meilleure image et estime de soi son estime, que ça soit grâce à un travail personnel ou auprès d’un professionnel en santé mentale (psychologue, psychiatre).